Bob et Otto, essayant de me convaincre de voter pour le P.E.T.A.
Bob et Otto, essayant de me convaincre de voter pour le P.E.T.A.

« Quelle plaie, ce salopard de proprio ! » me dis-je en mettant fin à la conversation sur Braintime. « Ce dude est un vrai parasite... il va me siphonner jusqu'à mon dernier tugrik mongol ! »

Je me réinstallai encore une fois sur mon divan, bien déterminée à jouir malgré ces incessantes interruptions. Je repris le visionnement de la vidéo sur Neuroporn, que j'avais commencé avant que l'autre trouduc brise mon élan masturbatoire. L'Orgasmatron Girl qui était assise à califourchon sur le visage du client se mit à gémir et à jouir en lui pissant à la gueule. Lorsqu'elle fut calmée, elle invita sa collègue à prendre sa place et les rôles furent intervertis. Le client eut une nouvelle vulve à satisfaire oralement et se faisait sucer par celle qui venait tout juste de lui mouiller le visage. Au bout d'un moment, elle sortit sa propre godemachette, dont le manche mauve était particulièrement long et épais, et l'encula avec vigueur.

Ce spectacle me donna envie de bourrer mon propre cul. Dans le tiroir de ma table à café était rangé mon plug anal préféré, celui qui était décoré d'un diamant en toc en forme de cœur. Je l'enduis d'une bonne couche de lubrifiant, plaçai une jambe sur chaque bras de mon sofa, puis j'enfonçai délicatement le jouet dans mon anus. J'en profitai pour rebadigeonner ma chatte pour mieux faire glisser mon Magic Wand à la seconde vitesse autour de mon clitoris. J'étais en bonne route vers le Big O quand on frappa encore à ma porte.

— Ah querisse ! J'étais tellement proche ! m'écriai-je en fermant mon Magic Wand, en enlevant mon plug et en me reculottant à la hâte.

J'ouvris la porte de l'appartement et tombai nez-à-nez devant deux ratons laveurs qui tenaient des prospectus et me regardaient en pointant du doigt mon iCagoule. L'un d'entre eux me montra un bout de carton où on pouvait lire: « Nous sommes Bob et Otto. Appelez-nous sur Braintime au 325125478951 en utilisant le traducteur universel, nous avons un message très important à vous transmettre! » Je leur fis signe de la tête que je n'avais aucune intention de le faire, mais ils poussèrent des petits cris si perçants que j'eus peur qu'ils ameutent tout le voisinage. Je les appelai et avant qu'ils ne répondent, j'entendis une publicité dans ma tête :

Les termites ont grugé la jambe de bois de grand-papa ? Les souris sont tellement à leur aise dans votre appartement qu'elles critiquent avec dégoût le contenu de votre frigo ? Les champignons ont envahi votre ultradouche et vous n'osez plus vous laver, de peur qu'ils s'attaquent à votre cuir chevelu ? Appelez un nettoyeur/exterminateur agréé, qualifié, certifié et dûment tamponné de la Guilde des nettoyeurs et exterminateurs ! Consultez l'annuaire Braintime pour un Maître de la Guilde près de chez vous et constatez les miracles qu'un authentique expert peut accomplir !

La nature vous pourrit la vie ? Ripostez grâce à un exterminateur certifié !

C'était un message de la Guilde des nettoyeurs et exterminateurs, partenaire de votre vie aseptisée.

Lorsque la pub fut terminée, un des ratons me dit :

— Bonjour humaine ! Je suis Bob et voici mon collègue Otto et nous venons vous parler du Parti évolutionnaire des travailleurs·es Animaliers·ères. Savez-vous qu'il y aura bientôt des élections municipales à Vieuholle ? Peut-on compter sur votre appui ?

— Vous voulez que je vote pour des ratons laveurs ? demandai-je, incrédule.

— Pour la cause de tous les animaux dont on nie les droits fondamentaux, corrigea Otto.

— Nous n'avons ni le droit de vote, ni le droit de nous présenter aux élections, renchérit Bob. Nous avons toutefois des allié·es humain·es qui portent notre cause et posent leur candidature aux élections dans le but de nous représenter à la première sphère du pouvoir. Nos demandes sont simples : obtention de la citoyenneté et des droits politiques pour tous les animaux, inclusion des droits des animaux dans la Charte des droits et libertés et interdiction des téléporteurs sanitaires et des télépoubelles.

— Qu'est-ce que vous avez contre les toilettes et les poubelles ? leur demandai-je.

— Savez-vous que chaque année, des centaines d'animaux domestiques tombent dans ces appareils et sont tragiquement réduits en pièces ? demanda Otto.

— Et qu'un nombre incalculable d'honnêtes ratons laveurs meurent tragiquement alors qu'ils ne font qu'assurer leur subsistance en fouillant dans les ordures... ajouta Bob.

— Hey ! Je vois qu'il y a pas mal de détritus sur votre plancher, dit Otto.

— Je sais... J'étais en train de faire le ménage, répondis-je.

— Je crois que vous étiez plutôt en train de vous branler, dit Bob en pointant de la patte mon Magic Wand. Ça ne nous dérange aucunement, vous savez, les pulsions animales, nous ça nous connaît, hé hé hé…

— Ça vous dérange qu'on fouille un peu ? demanda Otto en se pourléchant.

— Il n'y a rien de comestible dans mes déchets.

— Je vois pourtant un bout de barre Eat More... dit Otto en se frottant les pattes.

Je soupirai et lui donnai ce qui restait de mon en-cas.

— Je vous demanderais maintenant de quitter mon appartement, leur dis-je sur un ton ferme.

— Pour continuer de vous faire vibrer l'entrecuisse ? rigola Bob.

— Oui, exactement. Allez, ouste !

— Ok, ok, on s'en va, inutile de s'énerver ! dit Otto en mâchouillant sa barre Eat More.

— N'oubliez pas de voter pour le P.E.T.A. ! dit Bob en me tendant un dépliant.

— Je ne vote jamais et vous m'avez dérangée pour rien, leur répondis-je.

— Vous êtes une membre de la C.R.A.S.S.E., c'est ça ? demanda Bob.

— C'est quoi, la C.R.A.S.S.E. ? demandai-je.

— Vous connaissez leur nom, vous savez où les trouver ! dit Otto en tournant les talons.

Je fermai la porte, de plus en plus frustrée par ces interruptions continuelles. « D'abord les champignons, maintenant les animaux… manque plus que les plantes et les bactéries pour venir m'empêcher de venir ! », me dis-je en leur fermant ma porte au nez. J'envoyai (encore) valser ma culotte, bien décidée à jouir coûte que coûte.