Même si ça ne plaisait pas du tout à Tramontina™, nous suivîmes Wanda jusqu'aux bains érotiques, l'établissement de bukkake fongique tenu par les froppels de Lustpark. Après une dizaine de minutes de marche, nous arrivâmes à un édifice blanc au style néo-classique-kitch où l'on pouvait lire, au-dessus de la porte : « Au bon froppel ».

Nous entrâmes et furent accueillies par des copies parfaites de Ginette Parletrop et de Gob Benzos.

— Tiens ? Voilà la concurrence qui se ramène ! s'exclama Gob Benzos.

— Alors les cagoules ? On vient voir comment on traite correctement un John ? demanda sarcastiquement Ginette.

— Ne vous inquiétez pas, les champignons, nous sommes dans le métier depuis plus longtemps que vous et on sait parfaitement quoi faire, répondit Wanda en souriant.

Les deux froppels se mirent à rire, puis Ginette Parletrop, dont le visage avait l'air de fondre, nous demanda :

— Qu'est ce qu'on peut faire pour vous, les petites madames en rubber ? Vous avez envie d'un bon bukkake fongique, pour avoir l'air moins mal baisées ?

— Sans façon. Nous sommes venues vous demander un service. Entre gens du métier, il vient un moment où il faut s'entraider… dit Wanda.

Ginette et Gob se regardèrent et se mirent à rire si fort que leurs mâchoires se mirent à couler sur le comptoir de la réception derrière lequel ils se tenaient. Ils riaient et riaient sans s'arrêter, et après un bon cinq minutes, je demandai à Wanda :

— Pourquoi est-ce qu'ils rigolent autant ? On ne leur a même pas encore dit ce qu'on voulait…

— Les froppels. Il ne faut pas chercher à comprendre, dit-elle en haussant les épaules.

Lorsque les deux froppels eurent enfin fini de rire, ils n'étaient plus qu'une masse liquide répandue sur le sol. Ils reprirent graduellement la forme des deux vedettes, prirent une gorgée de lait condensé sucré, puis nous demandèrent :

— Alors ? C'est quoi le gros service que vous nous demandez ?

— Le Vortex Manor fait présentement l'objet d'une descente de police, expliqua Wanda. Quelques sœurs ont déjà été arrêtées et au moins une vingtaine d'autres sont cachées dans le dojo secret et ne peuvent en sortir parce que les flics occupent le salon de neuromassage et ne semblent pas vouloir décoller.

— Qu'est-ce que ça peut bien nous faire ? demanda Gob entre deux gorgées de lait condensé sucré. Cette histoire ne nous regarde pas, en plus de mettre des bâtons dans les roues de la concurrence…

— Je vais aller plus loin : nous, on n'a rien contre les flics. On les accepte même comme clients parce que, comme le dit le vieil adage, tout est bon dans le cochon, ajouta Ginette.

— Allez ! On ne vous demande pas grand-chose ! Tout ce dont nous avons besoin, c'est d'une diversion pour permettre à nos sœurs de s'enfuir. S'il y a quelque chose dans laquelle vous excellez, c'est bien la distraction.

— Sorry, no deal, dit Gob. Maintenant, ouste, nous avons du travail.

Jusqu'à ce moment, j'avais laissé Wanda parler, mais je ne pus alors m'empêcher – bien maladroitement, je l'avoue – d'intervenir.

— Ne voyez-vous pas qu'il y a des vies en jeu ? Êtes-vous à ce point sans cœur ? m'écriai-je.

Les deux froppels me regardèrent, stupéfaits. Après un long silence, Ginette me dit :

Anne ? C'est bien toi ? demanda Ginette, une expression d'incrédulité au visage.

— Euh… oui, je m'appelle Anne. On se connaît ?

— Je pense bien que oui, dit Gob. Tu peux enlever ta cagoule une minute ?

Je retirai mon iCagoule et à la vue de mon visage, ils me sautèrent dans les bras dans un élan d'enthousiasme semi-liquide.

Anne ! L'épouse de Oook ! Si on s'attendait à te revoir ici ! me dit Ginette en m'embrassant la joue. Comment va-t-il, ce jeune chenapan ?

— Je… je ne sais pas de qui et de quoi vous parlez, dis-je, confuse.

— Allons ! Nous étions tous les deux à ton mariage ! Avec tous les copains ! C'est même moi qui ai attrapé le bouquet ! dit Gob, en replaçant son front qui s'affaissait.

— Oui, je me rappelle maintenant… dis-je, hésitante. Enfin, je crois vaguement m'en souvenir.

— Alors comme ça, tu t'es mise dans le pétrin ? Je suis surpris qu'Oook ne soit pas là pour te donner un coup de main, dit Ginette sur un ton joyeux.

— T'en fais pas, on va t'arranger ça, ajouta Gob. Après tout, on ne serait pas ici sans le portail collatéral de ton garde-robe, han.

En vrai, je n'avais aucune foutue idée de quoi ils parlaient, mais je n'allais certainement pas m'empêcher de profiter de leurs soudaines bonnes dispositions.

— Oui, bien sûr… le portail covaginal dans mon garde-robe. Et... que comptez-vous faire pour mon petit problème ?

On va leur monter tout un spectacle, à ces cochons. Just sit back and enjoy, dit Ginette en se mettant lentement à changer de forme.