Je retirai le plug orné d'un diamant en toc qui était enfoncé dans mon derrière et enfilai un short. Il était trop tard pour retourner à mes activités masturbatoires et de toute façon, j'étais au beau milieu de ce qui avait toutes les apparences d'une guerre civile, alors disons pour faire une histoire courte que le cœur n'y était plus. De toute façon, Wanda m'avait demandé d’accueillir et de soigner d'éventuel·les blessé·s, alors le temps du frotte-minou était bel et bien passé.

Je m'assis donc sur le tabouret près de ma porte, celui qui me sert à enfiler mes bottes l'hiver, et je tendis l'oreille pour guetter le moindre signe d'activité suspecte en provenance de l'extérieur. Je pris soin de laisser mon iCagoule à « ON », parce que Wanda m'avait fait promettre de n'ouvrir qu'à ceux et celles dont elle m'aurait préalablement averti de la présence par Braintime.

Soudy posant fièrement à côté de sa part de butin
Soudy posant fièrement à côté de sa part de butin.

Après une trentaine de minutes angoissantes à rester à l’affût du moindre bruit, j'entendis quelqu'un – ou quelque chose – gratter à ma porte. C'était sûrement un de ces salopards de rats-garous ; au bord de la panique et tremblante comme une feuille, je criai en direction de l'intrus :

— Déguerpissez ! J'ai un tromblon acoustique et je sais m'en servir !

J'entendis alors le miaulement familier d'André Soudy qui me dit :

— Je sais pertinemment que tu n'as pas de tromblon et que même si tu en avais un, tu ne saurais pas comment t'en servir.

— Ouvre-nous la porte, Anne. On a des tas de chouettes trucs à te montrer, ajouta Carouy.

— Et d'autres moins chouettes ! ajouta Monier.

J'avais complètement oublié que mes chats étaient restés dehors. Mes pauvres minous ! Je m'empressai de leur ouvrir, avant que les rats-garous n'en fassent qu'une bouchée. Bonnot, Valet, Garnier, Carouy-dit-Kaboum, Monier, Soudy et Callemin-dit-Raymond-la-Science entrèrent en prenant tout leur temps, comme si de rien n'était. Ils avaient les pattes chargées de boîtes volées de Necromart et Bonnot tenait dans sa gueule la tête fraîchement coupée et sanguinolente d'un rat-garou qu'il laissa tomber à mes pieds.

— Cadeau, camarade, dit-il nonchalamment avant d'essuyer le sang de sa bouche du revers de sa patte et la lécher consciencieusement.

— Il te reste des croquettes ? demanda Valet. Défoncer la gueule des fachos, ça ouvre l'appétit...

— Quand est-ce qu'on les ouvre, ces boîtes ? J'irais bien faire un somme dans celle-ci, dit Garnier en lorgnant la boîte avec convoitise.

— Mais, mais, mais... qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que vous avez fait ? demandai-je à mes chats.

— Les croquettes et des bols d'eau fraîche pour commencer, camarade, me dit gentiment Raymond-la-science. Ensuite, on te raconte tout, promis.

Je me rendis donc dans la cuisine chercher des bols et les fameuses croquettes. De l'autre côté de ma porte, on entendait encore les bruits de la bataille qui faisait rage.