— Oh boy oh boy oh boy ! J'adore le rush d'endorphines que me procure le déballage d'un colis ! C'est mille fois meilleur que la satisfaction fugace de posséder un objet dont je ne suis pas pleinement convaincue d'avoir besoin.

— C'est bien de voir que tu as un minimum de conscience de toi-même, me dit Raymond-la-Science, du haut du rebord de fenêtre où il était perché.

— Laisse-la donc tranquille, Raymond, interjeta Soudy, qui se prélassait sur le fauteuil. Elle a décidé de s'armer, c'est une démarche valide et souhaitable.

— Meh, ronronna Raymond.

L'unboxing de la godemachette
L'unboxing de la godemachette

J'ouvris la boîte et fouillai à travers les billes de styromousse pour en extraire mon nouveau jouet, qui était emballé dans une pellicule plastique hygiénique.

— Évidemment, ce truc est suremballé, grommela Bonnot. Décidément, les bourgeois vont tous nous étouffer dans le plastique avant que nous ayons le temps de leur mettre une balle de revolver entre les deux yeux.

— Je peux avoir la boîte, quand tu auras fini ? miaula Garnier.

Ses camarades le fusillèrent tous du regard.

— J'aime ça moi, les boîtes, dit-il, dépité.

— Elle est toute à toi, mon beau p'tit minou d'amour, dis-je en finissant de verser les billes et la pellicule plastique dans la télépoubelle.

— Chouette ! Une boîte fraîche ! ronronna Garnier.

— Pfff. « Beau p'tit minou d'amour ». Quelle condescendance, siffla Valet.

Je ne fis pas attention à lui et je me concentrai plutôt à essayer de faire fonctionner ma nouvelle godemachette. À la base de la poignée se trouvaient deux interrupteurs. L'un servait visiblement à l'allumer, puisqu'il avait les positions « On » et « Off ». L'autre avait trois positions: « Mode normal », « Mode personnalité » et « Mode Démo ». Et dans la boîte, il y avait un carton qui m'enjoignait à lire le mode d'emploi en ligne avant de faire quoi que ce soit avec la godemachette – et d'activer le mode démo pour plus d'informations.