— Oh shit ! Les voilà qui arrivent ! criai-je, apeurée, en voyant les rats-garous foncer vers nous, armés de barres à clous et de battes de baseball.

— Yes ! Ils vont savoir de quel bois on se chauffe ! cria Tina™ avec enthousiasme.

— Du calme, vous deux ! On va devoir les repousser en attendant l'arrivée des renforts. Anne, prends celleux de droite ! ordonna Wanda.

La Delaunay-Belleville à la rescousse !
La Delaunay-Belleville à la rescousse !

Je courus donc en direction des fascistes, mue par les impulsions neurologiques que m'envoyait Tramontina™. Le premier d'entre eux bondit vers moi en tentant de me frapper avec sa crowbar ; mon bras, guidé par la godemachette, para le coup, ce qui me permit de contre-attaquer et lui trancher l'abdomen. C'était la première fois que je versais du sang – à m'en maculer l'épibarrière. Je n'eus toutefois pas le temps de m'émouvoir, parce que le second s'élança avec son poignard. Je l'esquivai de justesse, lui bottai le derrière et Tina™ en profita pour lui trancher la tête – qui roula sur la scène en laissant une trace sanguinolente derrière elle.

Derrière moi, j'entendais Wanda qui découpait les fachos en rondelles. Très vite, le plancher de bois de la scène devint visqueux et collant à cause du sang. Chaque fois qu'on éventrait un rat-garou, il en arrivait deux autres. Et aucun signe de l'arrivée des renforts.

— Kill ! Kill ! Kill ! répétait avec enthousiasme Tramontina™ en abattant les fafs.

— Il en vient sans cesse ! On va finir par y passer ! criai-je en direction de Wanda.

— Il faut tenir ! Les sœurs sont sur le point d'arriver ! répondit-elle en éventrant un autre rat-garou.

C'est alors que j'entendis un miaulement familier directement au-dessus de ma tête.

— Besoin d'un coup de main, camarades ? dit Raymond-la-Science.

La Delaunay-Belleville de la bande à Bonnot, chargée d'une quantité impressionnante de boîtes de Necromart, flottait au-dessus de nous. Avant même que je puisse répondre, des coups de feu retentirent : Soudy tirait sur les fascistes à coup de revolver pendant que Bonnot déroulait une échelle de corde dans notre direction.

— Montez avant de vous faire réduire en pâtée pour chats ! dit-il en nous faisant signe de la patte.

— Ils vont reprendre le contrôle de la scène et de la foule ! cria Wanda sans cesser de s'escrimer.

— Montez, on vous dit ! Je vais régler ce petit problème en moins de temps qu'il ne faut pour crier « Kaboum mathafackers ! »... dit Carouy en allumant la mèche d'une bombe sphérique et noire.

J'attrapai donc l'échelle de corde et grimpai pendant que Wanda couvrait mes arrières. Arrivée à la hauteur de la porte, Garnier et Valet me hissèrent à l'intérieur de la Delaunay-Belleville. Et dès que Wanda attrapa le bas de l'échelle, la voiture s'envola, la sauvant in extremis d'un coup de batte de baseball qu'un rat-garou tentait de lui asséner. Lorsque la Delaunay-Belleville fut à une altitude suffisante, Carouy lança sa bombe sur les derniers rats-garous qui s'affairaient à rétablir la communication avec leur chef suprême. L'explosion projeta des morceaux du matos des Stunning Frequencies ainsi que de la tripaille fasciste à des dizaines de mètres à la ronde.

Toujours accrochée sur l'échelle qui ballottait dangereusement derrière la voiture, Wanda cria :

Amenez-nous au Vortex Manor ! Il se passe quelque chose de pas normal. Les sœurs auraient dû arriver en renfort depuis longtemps !