Je m'assurai qu'A.G.A.T.A. avait bel et bien affiché mon annonce sur mon profil d'Orgasmatron Girl, puis je cliquai sur le bouton « disponible en ce moment ». Il ne restait plus qu'à attendre, j'allais être sollicitée d'une seconde à l'autre.

Ou d'une minute à l'autre.

Ça n'allait pas tarder, j'en étais convaincue.

Après une trentaine de minutes, je me suis dit que ça ne donnait rien de rester plantée là comme une dinde, alors je m'installai dans mon fauteuil pour me replonger dans Gamiani ou deux nuits d'excès. J'avais entendu dire qu'on pouvait contrôler la surface de peau couverte par l'épibarrière, alors j'essayai de dénuder mes seins et ma vulve, histoire d'accompagner ma lecture d'un peu d'autostimulation manuelle. Selon le mode d'emploi, je n'avais qu'à me concentrer sur les parties de mon corps à dénuder pour que l'épibarrière s'entrouve et se rétracte – idem pour les parties à recouvrir. Hélas, c'était beaucoup plus facile à dire qu'à faire et j'avais beau penser de toutes mes forces à mes seins, c'est toujours mon épaule droite qui se dénudait. Idem pour ma chatte : ce sont mes mains qui se découvraient.

Ma première cliente
Ma première cliente

J'étais toute entière absorbée par ces exercices lorsque la sonnerie de l'Orgasmatron se fit entendre. Mon cœur bondit : mon premier client !

Je courrai jusqu'à l'écran de l'Orgasmatron, mains et épaules nues. Le message s'intitulait « Combien pour un léchage sérieux ? » et allait comme suit : « Ça fait des mois qu'on ne m'a pas léché le bouton décemment. Les hommes âgés ne valent rien, les jeunes ne valent pas plus, toutes mes copines font les mijaurées. Mon dernier recours est une professionnelle ; combien pour un cunnilingus digne de ce nom ?  J'ai des tālās de Samoa à dépenser. Signé : Josée ».

Je regardai le tableau des tarifs que Wanda m'avait refilé et pour un cunnilingus, c'était écrit 50 $. Curieusement, une fellation était le double. Je me dis donc que 100 tālās feraient probablement l'affaire, ce que je proposai à la cliente en lui demandant si elle voulait une photo de moi avant de conclure le marché. Elle me répondit : « Toutes les Orgasmatron Girls se ressemblent, vous avez toutes l'air d'être trempées dans le chocolat noir, alors quand on en a vu une, on en a vu mille. De toute façon, tu seras entre mes cuisses et j'aurai les yeux fermés, so who cares. Je me téléporte, à tout de suite. »

L'Orgasmatron se mit à vrombir et à émettre une lumière bleue intense. Après quelques secondes seulement, une femme apparut dans la cabine, puis l'appareil s'éteignit. J'ouvris la porte et lui tendis la main pour l'inviter à sortir. Elle devait avoir une cinquantaine d'années, ses cheveux étaient châtains parsemés de gris et elle portait un pull de laine vert qui mettait en valeur ses yeux. Comme première cliente, je n'aurais pas pu rêver mieux, elle était vraiment craquante.

— Ah ben dis donc, je ne m'attendais pas à aboutir dans une bibliothèque, dit-elle en regardant les rayons de la Bibliotheca Annarca.

— C'est la seule pièce de mon appartement assez grande pour placer un Orgasmatron, dis-je, comme pour m'excuser. Je vous invite à me suivre dans la chambre, juste à côté, où nous serons plus confortables.

— Non, je préfère rester ici, entourée de livres. C'est un endroit réconfortant et puis ce fauteuil m'a l'air des plus confortables, dit-elle en pointant mon fauteuil de lecture. Moi c'est Josée, en passant.

— Et moi, Anne.

— « Orgasmatron Girl Extraordinaire », je sais. J'ai aimé que tu indiques que tu es nouvelle dans le métier, disons que ça me rassure. Les maladies et tout et tout, enfin... Tu sais ce que je veux dire. Tu sais lécher une vulve convenablement ?

— C'est ma spécialité, mentis-je.

— On verra bien. Je suppose que je dois te payer à l'avance ?

— Si vous le voulez bien, madame.

— Oh, lâche-moi la madame, tu veux ? Tu vas avoir le nez dans ma touffe, alors sautons les mondanités. Voilà les 100 tālās, dit-elle en me tendant les billets.

— Merci ! Voulez-vous quelque chose à boire, avant de commencer ?

— Niet. Je veux que tu me cunnilinctes jusqu'à l'orgasme tout de suite. Je reçois mes amies pour le bridge dans une heure, alors il n'y a pas une minute à perdre.

Elle retira ses sandales et ses leggings noirs et je constatai que non seulement elle ne portait pas de petite culotte, mais qu'elle avait le pubis le plus poilu que je n'avais jamais vu. Elle alla ensuite s'asseoir en posant chacune de ses cuisses sur les bras du fauteuil de cuir. Son sexe rose émergeait à peine de sa motte broussailleuse. Je restai figée pendant quelques secondes devant ce spectacle, comme une vraie nunuche. Elle claqua des doigts pour me remettre à l'ordre.

— Alors ? Ça vient ? Time is money, gamine.

— Oui, bien sûr, tout de suite, madame.

— Je veux juste de la langue. Pas de doigts, pas non plus de godemachette ; je déteste ce truc.

— Pas de danger, je n'en ai pas.

— À la bonne heure ! Maintenant, lèche.

Je m'agenouillai devant elle et repoussai le poil pour me donner accès au plan de travail.

— Tut tut tut ! Pas de doigts, j'ai dit !

Je soupirai, puis me mis à lécher les poils pour les lisser et les dégager de la vulve. Ses lèvres étaient d'une belle teinte rose et elles étaient déjà humides. Doucement, j'ai les ai effleurées du bout de la langue, pressant le jus qui en sortait comme d'un fruit mûr. Ma cliente gémit sous ce contact. J'ai ensuite pressé mes lèvres contre sa chatte pour la goûter ; la saveur était des plus agréables, ce qui me rassure pour la suite des choses. J'avais toujours craint que mon premier client serait un dude à la bite mal rincée, alors je me trouvais drôlement chanceuse que ce soit une dame à l'hygiène irréprochable. Je lui donnai de longs coups de langue humides, ma langue glissant dans la douce vallée de sa peau sans aucune friction. Elle se mit à gémir et empoigna ma tête de ses deux mains.

Bien vite, ses jambes se mirent à trembler et je sentis la chaleur monter en elle. Son clitoris était comme une petite bille dure sur laquelle je faisais vriller ma langue. Je mis mes mains sur ses cuisses, pour les empêcher de quitter les bras du fauteuil alors que son corps tout entier se mit à onduler. Elle était au bord de l'orgasme.

— Oh shit ! Oh fuck ! Oh putain ! Oui ! finit-elle par crier alors qu'elle me pissa au visage. Ça ne faisait pas partie de l'entente, mais je me dis que ce n'était pas professionnel de m'arrêter alors que la cliente était sur le point de jouir. J'ai donc tout avalé, puis je me suis mise à carrément lui téter le bouton, à le sucer comme s'il s'agissait d'une bite. Lorsqu'elle eut son orgasme, elle serra ses cuisses contre ma tête et me balança une seconde rasade de pisse dans la bouche.

Ma cliente s'affaissa ensuite dans le fauteuil. Lentement, je soulevai ma tête d'entre ses jambes pour la regarder s'amollir de satisfaction.

— Oh mon dieu, je ne croyais pas que ça finirait par m'arriver, dit-elle lorsqu'elle eut repris son souffle et ses esprits.

J'étais trempée d'urine de la tête au nombril et j'avais les deux genoux dans sa flaque. Je lui dis alors :

— J'espère que madame est satisfaite de mes services.

— Ma chère, je te prédis un succès phénoménal dans la carrière que tu entreprends. Tu n'aurais pas une serviette, par hasard ?

— Je vais en chercher une, dis-je en me levant.

Je marchai vers ma salle de bains pour aller chercher de quoi nous éponger, tout en lui disant :

— Je ne m'attendais pas à la pisse, madame Josée. Ça ne faisait pas partie de notre entente et je vais devoir vous facturer un supplément. Surtout que vous avez mouillé mon fauteuil de cuir, si j'avais su à l'avance j'aurais mis un piqué et...

En revenant dans la Bibliotheca Annarca, je constatai qu'elle n'était plus là. La vieille garce s'était enfuie sans me verser mon supplément et sans me donner autre pourboire que la pisse qu'elle m'avait fait boire.

Je ramassai donc tout ce dégât en pestant contre ma naïveté, pris une ultradouche avec mon épibarrière pour la laver, puis retournai à l'Orgasmatron qui s'était remis à sonner ; après ma première cliente, j'allais maintenant recevoir mon premier client.