La chambre d'Andrea était tout juste à côté de la mienne dans les quartiers des visiteur·euses d'Interzone. Je frappai à sa porte et dis :

Andrea ? C'est Anne… est-ce que tu dors déjà ?

Le techno-plombier ne me répondit pas et se contenta de m'ouvrir. Iel s'apprêtait visiblement à se mettre au lit ; iel ne portait qu'un slip kangourou et une camisole blanche qui laissait deviner des seins que je n'avais pas encore remarqués, tant qu'ils devaient être compressés sous sa chemise à carreaux. Le bidon de naucories à odeur de concombre était déposé près de la fenêtre ; quant à son casque de protection, iel l'avait posé près de son oreiller.

— Je viens de sortir de l'ultradouche. J'avais du sable brun à des endroits que la décence m'empêche de décrire, dit-iel en faisant la grimace.

— L'épibarrière m'épargne heureusement ses petits désagréments, lui dis-je en souriant. Je peux entrer ? J'ai quelque chose à te demander… et surtout, une promesse à tenir.

D'une de ses robots-tentacules, Andrea me fit signe d'enter et j'allai m'asseoir sur le lit. J'enlevai mon iCagoule et la plaçai à côté de son casque, puis lui dis :

J'enlevai mon iCagoule et la plaçai à côté de son casque de protection.

— Je disais donc, je suis venue pour…

Andrea me bâillonna avec un baiser. Je répondis en caressant sa nuque et ses cheveux et en glissant ma langue dans sa bouche. Pendant que je glissai une main sous sa camisole pour taquiner ses mamelons, le techno-plombier se mit à faire parcourir ses robots-tentacules sur tout mon corps. Iel employait des embouts soyeux qui au toucher ressemblaient à s'y méprendre à de la peau ; par neuroconnexion, je rétrécis au maximum mon épibarrière pour lui donner accès à ma peau et profiter pleinement de la caresse.

Je décidai ensuite d'explorer ce qui se trouvait sous le caleçon d'Andrea, que je fis glisser le long de ses jambes jusqu'à ses chevilles. Iel était à priori muni·e d'une vulve qui semblait similaire à toutes les autres que j'avais vues dans ma vie. Lorsque je posai mes lèvres sur son clitoris, Andrea soupira profondément et le clitoris se mit à gonfler, à prendre de l'expansion et prendre la forme d'un pénis sans gland et sans méat urinaire. « Wow ! », m'exclamai-je malgré moi, ce qui fit rougir mon amant·e.

— Je suis... techno-modifié·e, dit-iel timidement.

— Le contraire m'aurait surprise, lui dis-je gentiment, pour lae rassurer.

Je me mis alors à lécher la clito-bite d'Andrea de la base jusqu'à la pointe, ce qui lae fit frissonner de plaisir. Je la suçai ensuite carrément, en appliquant beaucoup de salive, pour finir par glisser deux doigts repliés dans son vagin pour stimuler sa partie antérieure. J'appliquai une pression rotative sur la paroi du vagin avec le bout de mes doigts, tout en faisant coulisser la clito-bite dans ma bouche, jusqu'au fond de ma gorge. Le corps du techno-plombier fut traversé de tremblements de la tête aux pieds, pendant que sa chatte se mit à couler abondamment. Andrea, les yeux fermés, émit un long gémissement, un cri plaintif et hululant qui accompagna son basculement dans l'orgasme.

Je lae laissai reprendre son souffle quelques secondes, puis lui dis :

Je t'en prie, prends-moi…

Debout devant moi, Andrea se servit de ses quatre robots-tentacules pour me soulever devant iel, écarter mes cuisses et glisser sa clito-bite dans ma chatte. Mes pieds ne touchaient plus terre, et pendant tout notre coït, le corps d'Andrea ne bougeait pas ; iel me faisait aller et venir sur son sexe grâce à ses puissants membres cybernétiques. Alors que le plaisir montait en moi, je sentis la taille de la clito-bite croitre, sa forme changer pour stimuler plus intensément les zones les plus sensibles, les plus érogènes de mon sexe. Andrea me baisa ainsi longuement, tendrement, vigoureusement, faisant varier le rythme et les mouvements internes de son sexe, jusqu'à ce que nous nous effondrions toustes deux de plaisir dans le lit.

Peu de temps après, alors que nous avions repris notre souffle et qu'Andrea caressait ma chevelure avec une des ses robots-tentacules, je lui dis à l'oreille :

— Vas-tu repartir pour la première sphère demain matin ?

Le techno-plombier tourna sa tête, me regarda dans les yeux, et me dit :

— C'est ce que j'avais l'intention de faire. Je voulais te l'annoncer demain matin, avant que nous retournions à la maison Erich-Mühsam.

Je te comprends. Cette mission est complètement folle et tu as été mêlé·e à toute cette histoire contre ta volonté.

— En effet, dit-iel, pensif·ive.

Tu me feras parvenir ta facture pour tes services professionnels, à l'appartement. Je ne sais pas quand je serai capable de la régler, mais je te promets que je vais te payer si je survis à tout cela. Surtout, je…

Andrea plaça un doigt métallique de robot-tentacule sur mes lèvres :

Tu te rappelles ce que j'avais dit, dans ton appartement… tu sais, au sujet de devenir facilement amoureux·euse… ?

— Oui.

— C'est que… je pense que je le suis. Éperdument. Et… je pense aussi que je suis prêt·e à te suivre jusqu'au bout du monde s'il le faut.

Émue, je pris son visage à deux mains et l'embrassai longuement. Nous restâmes longtemps tendrement enlacé·es en silence. J'écoutai son cœur battre et son processeur mathématique cliqueter en me disant que moi aussi, j'étais amoureuse : autant d'iel que de Nessos. Décidément, ma vie avait pris un tournant inusité.

J'en étais à ces réflexions quand Andrea me demanda timidement :

— Est-ce qu'on… pourrait remettre ça ?

Je souris malicieusement et sortis de sous mes seins le flacon de pousse-au-vice que Nessos m'avait donné.

— Si tu en as envie, cette poudre bleue pourrait nous mener à des sommets de plaisir que tu aurais peine à imaginer, lui dis-je.

— Tu... tu crois ?

— J'en ai expérimenté les effets. Je crois être assez certaine que tu vas apprécier.

— Je veux bien, dans ce cas, finit-iel par me dire.

Je pris donc une taie d'oreiller et y versai un peu de poudre, que nous inhalâmes à tour de rôle. Une chaleur familière traversa mon corps, me fit perdre la raison et vint sceller notre union. Nous nous aimâmes probablement jusqu'à l'aurore – mes souvenirs comme ceux d'Andrea sont restés confus. Tout ce que je sais, c'est que, repu·es d'amour, nous nous éveillâmes alors qu'il faisait grand jour et qu'il était temps de rejoindre nos nouvelleaux ami·es à la maison Erich-Mühsam.