L'installation de l'Orgasmatron
Cyber-Cyril 092 s'apprêtant à faire rentrer la caisse de l'Orgasmatron dans la Bibliotheca Annarca.

Je courrai jusqu'à la porte en essayant de finir d'enfiler mon épibarrière sufissament pour me cacher les boobs, accrochant du pied au passage la boîte où dormait Octave Garnier qui miaula de protestation. Ça faisait déjà deux fois que je manquais mon rendez-vous d'installation, il n'était pas question que les techno-plombiers tournent les talons encore une fois ; ma réputation auprès de la guilde était en jeu.

Voyant qu'iels allaient partir, je leur ouvris la porte les seins à l'air.

— Bonjour ma petite mademoiselle ! Nous venons pour l'installation de votre Orgasmatron ! me dit une araignée robotique avec une voix de gentil papi.

Cyril, franchement ! « Ma petite mademoiselle »... excusez-le, madame, il vient d'avoir 80 ans et ses références sont un peu démodées, me dit l'autre araignée robotique avec une douce voix de mamie.

— Désolée de vous recevoir dans un tel accoutrement, je suis vraiment confuse... c'est que je ne vous attendais pas si tôt... leur dis-je en rougissant jusqu'à la racine des cheveux.

— Je ne vais certainement pas me plaindre du spectacle ! dit Cyril sur un ton enjoué.

— Oh veux-tu bien ne pas importuner cette pauvre dame avec tes commentaires libidineux !

Je pouvais voir le cerveau de la mamie flotter dans l'habitacle bleu de l'araignée mécanisée, qui se tourna vers moi et dit :

— Nous avons l'habitude de croiser des Orgasmatron Girls en plein travail, ça ne nous dérange pas le moins du monde. Vous êtes Anne, c'est ça ?

— Oui, c'est moi.

— Je suis Robo-Berta 032 et voici mon vieux malcommode de mari, Cyber-Cyril 091 – Maîtres de la guilde des techno-plombiers –, pour vous servir. Où doit-on installer votre nouvel appareil ?

— Je pensais le mettre dans le placard de ma chambre

— C'est par où ? demanda Berta.

— Juste ici, répondis-je en pointa la porte du doigt.

Cyril balaya la porte avec un laser émis sur le dessus de son habitacle cérébral.

— Désolé ma petite mademoiselle, ça ne passera pas – même si on démonte l'habitacle de la machine, annonça Cyril. Auriez-vous un autre endroit où placer votre Orgasmatron ?

— Le seul autre endroit serait le placard de ma bibliothèque.

— Oh ! Madame est une lectrice ? demanda Berta.

— Oui, mais aussi – et surtout – une collectionneuse. J'ai une obsession pour le livre en tant qu'objet, répondis-je à Berta, toujours les seins à l'air.

— C'est si rare de nos jours, dit Berta. Je ne me souviens plus quand j'ai vu un vrai livre en papier de mes propres yeux…

— Ça remonte à l'époque où tu avais encore des yeux, ma vieille, dit Cyril en soulevant la caisse de bois contenant l'Orgasmatron avec son faisceau à impulsions.

— Je vais aller enlever les bricoles qui se trouvent dans le placard pour que vous ayez le champ libre, dis-je en tirant sur mon épibarrière pour essayer de couvrir mes mamelles.

— Allez-y, mademoiselle. Pendant que vous faites ça, Berta et moi allons sortir votre appareil de sa caisse et préparer l'installation.